jeudi 9 octobre 2008

Rencontre des femmes zapatistes avec les femmes des peuples du monde - dec 2007 Mexique (Chiapas)

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Qui sont les Zapatistes ?

Il s’agit d'un groupe important de paysans pauvres et indigènes Mayas de la région du Chiapas au Mexique.
Depuis une trentaine d'années ils se sont organisés afin de se libérer du système esclavagiste dans lequel les riches propriétaires terriens les avaient maintenus depuis l'arrivée des colons, il y 500 ans.
Par leur soulèvement armé en 1994, ils se sont fait entendre du gouvernement mexicain et des médias internationaux.
Ils ont ainsi récupérés les terres des mains des riches propriétaires proposant une répartition équitable. Ces-derniers surpris par l'importance de cette organisation paysanne on préférés quitter leurs terres. Dés lors les zapatistes la travaillent de façon collective dans le respect de leurs traditions.
Suite au soulèvement armé un dialogue s'est établie entre les zapatistes et l'ordre gouvernemental du Mexique. Celui-ci a abouti a la signature des accords de San Andrès (1996) engageant le gouvernement à respecter les droits indigènes. Celui-ci a par la suite refusé de reconnaître son engagement et les accords n'ont jamais étés appliqués.
Déçus des trahisons subies de la part de l'odre gouvernementale du Pays, les zapatistes développent leur propre système d'éducation, de santé et de législation. Ils s'organisent de façon autonome refusant toute intervention de l'état ainsi que l'implantation du capitalisme sur leurs terres. Ce choix de vie les oblige à résister aux agressions et menaces quotidiennes perpétuée par le gouvernement mexicains (ou “mal govierno”, "mauvais gouvernement" comme ils le nomment).

La parole “simple et humble” des zapatsites n'exigeant que le droit de vivre dignement du fruit de leur travail dans le respect de leurs traditions, a généré des groupes de soutien à leur cause à travers le monde.
Le territoire zapatiste est divisé en 5 zones ayant chacune son centre d’organisation autonome ou “caracol” (traduction littérale: “escargot”) où se réunit respectivement leur “Assemblée de Bon Gouvernement”. Celle-ci sera composée d'un groupe de villageois volontaires originaires de divers communes de la zone attitrée et qui se chargerons pour 6 mois de gérer l'administration des affaires de leur gouvernement.
Le système de gestion du peuple zapatiste est une démocratie sans chef ni représentant du pouvoir, les décisions ne sont pas basées sur l'imposition de la volonté de la majorité mais par une décision prise en consensus.
La politique zapatiste est basée sur la non-violence mais face aux agressions et menaces quotidienne, ainsi que l'implantation de base militaire du gouvernement mexicain encerclant leur aujourd'huu leur territoire, ils possède encore leur armée autonome qui continue à s'entraîner clandestinement. Etant donné que la hiérarchie est jusqu'à present l'organisation la plus éfficace en terme de gestion d'armée. celle-ci possède en effet ses "commandants" constitué d'indigène, et ses "sous-commandants".
Le sous-commandant Marcos est lui un "métis" originaire de la capitale de Mexico ou il fut enseignant après avoir étudié en Espagne. Ils a fait parti du groupe des 5 premières personnes à l'origine de l'organisation ainsi que du fondement de l'union des paysans indigènes se réclamant aujourd'hui "zapatistes".


RENCONTRE DES FEMMES ZAPATISTES AVEC LES FEMMES DES PEUPLES DU MONDE - 2007 –

Ces rencontres se sont déroulées du 27 décembre au 1er janvier 2008 au caracol de “La Garrucha” qui est situé à l’orée d'une commune zapatiste entourée de végétation abondante, et à deux heures de camionnette de la première ville.
Les habitants de cette commune vivent dans des petites cabanes en bois dont le sol est en terre battue, le toit en tôle ondulée et les murs faits de planches en bois entre lesquelles passe la lumière du jour.
Ils cuisinent au feu de bois et dorment dans des hamacs ou à même le sol.
Pour l'occasion des rencontres, de grandes cabanes dortoirs ont été réalisées dans l'enceinte du caracol ainsi qu'un espace de campement destiné à recevoir les visiteurs.
Un hangar fut aménagé comme auditorium afin de recevoir le meeting des femmes zapatistes avec les femmes du monde.
Chaque jour des rencontres, environ 200 femmes zapatistes y prenaient place pour rencontrer les femmes du monde. Les hommes étaient conviés à rester à l'extérieur, les prises de paroles étant sonorisées pour s'entendre aussi en dehors de l'auditorium.
Les hommes étaient aussi invités à soutenir les rencontres des femmes en prenant part aux activités d'intendance.
De 9h du matin à 9h du soir, les femmes zapatistes passaient sur l'estrade par groupes représentant différentes zones géographiques ainsi que les 5 “Assemblées de Bon Gouvernement”. Le porte parole de chaque groupe nous présentait à tour de rôle leur témoignage, proposant un temps de réponse aux questions du public après leur intervention.
Il y eut même deux témoignages donnés par de jeunes enfants.
Certaines femmes zapatistes qui ne parlant pas l'espagnol étaient aidées par une compagne traductrice, mais la majorité d'entre elles s´exprimaient suffisamment bien dans cette langue, s'excusant cependant pour leur humble pratique de celle-ci.
Ces femmes Mayas ont pour langue maternelle divers langues issues de cette culture: Tzeltal, Tzotzil, Tojolabal, Chol .
Au fil de leurs témoignages, ces femmes nous expliquèrent leurs conditions de vie avant la récupération de leurs terres, ainsi que leur mode de vie actuelle.
Elles nous parlèrent aussi de l´entrée en contact des différentes nations indigènes de la région Chiapas afin d'organiser ensemble leur soulèvement, la récupération de leurs terres et de leur liberté.
Elles nous témoignèrent comment cette organisation ne peut s'expliquer sans la reconsidération de la femme, l'abstention de l'alcool, et du développement conscient du concept de “compagnons de lutte” forgeant une total solidarité entre ces peuples.
En effet en ces temps d'organisation de leur lutte les hommes étaient conscients de l'importance de la participation à part entière des femmes à leur soulèvement ainsi que le travail en union avec elles.
Avant le soulèvement de 1994, leurs peuples étaient forcés de travailler aux taches agricoles pour les riches propriétaires terriens qui les payaient presque rien. Ceux ci leur déduisaient de leur salaire la location de leur espace d'habitation, leurs vêtements de travail, et une partie de leur salaire leur était souvent payée en alcool.
Ce système les maintenait en perpétuel endettement envers le propriétaire et les dettes se transmettaient à chaque génération. Ces fermes agricoles étaient généralement vendues incluant les travailleurs indigènes.
Les propriétaires pratiquaient en toute impunité : tortures, châtiments, viols, et meurtres.
Les indigènes vivant généralement retirés des villes avaient difficilement accès aux soins médicaux. Quand cependant après de longues heures ou journées de marches ils arrivaient à l’hôpital, les services leur étaient fréquemment refusés pour simple discrimination raciale.
La scolarité proposée aux indigènes dans les écoles communales était donnée par des instituteurs métis venant des villes. Ceux ci discriminant et dépréciant les cultures indigènes ainsi que leurs langues.
La méthode d'éducation y était violente, sévère et injuste et les jeunes filles subissaient une plus forte discrimination.
Un uniforme et autre matériel étaient exigés aux enfants; cela représentait un budget trop élevé pour que ces familles puissent offrir une complète scolarité à tous leurs enfants. Les filles étant destinées à devenir « femmes au foyer » ne suivaient que rarement une scolarité complète.
Aujourd'hui les "promoteurs d'éducation" des communes Zapatistes se forment entre eux aux méthodes d'enseignement respectant leur mode de vie, langue et culture, ainsi que le rythme et l’origine des enfants.
Les zapatistes s'auto forment de la même façon á la pratique de la médecine. Ils ont aujourd'hui leurs propres centres de soins et hôpitaux au sein de leurs communes.
Ceux-ci ; tout comme les écoles ; manquent énormément de ressources mais sont d'accès libre et gratuit sans discrimination.
Les femmes zapatistes nous témoignent que leur mode de vie actuel est toujours très pauvre et rudimentaire, mais elles estiment très clairement vivre plus dignement et libres qu'avant leur propre soulèvement ou même que sous les conditions actuelles imposées par le gouvernement mexicain.
Elles comprennent que le capitalisme est basé sur l'exploitation d'êtres humains, le vol des ressources naturelles, l'injustice et la répression. Elles sont convaincues de leur choix de résistance à ce système et ainsi qu'en leur mode de vie indépendant.
Elles reconnaissent que leur organisation est toujours en construction, apprentissage et amélioration et elles sont heureuses d'y participer à part entière en tant que femme.

pour plus de photos encore clique sur celle ci:



3ème Commission civile internationale dobservation des droits humains au Chiapas
http://www.zapata.com/cciodh3/sommaire-fr.html


http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=197

ci-dessus une page ou apparaissent de nombreux liens de sites sur les themes suivants:
pages et radios zapatistes
presse et site d'infos alternatives
musiciens, asso et artistes solidaires a cette lutte
commite de solidarite avec les zapatistes
mouvement social lutte d'emmancipation et critique sociale
autonomie indienne en Amerique
sites libertaires
ONG commite d'observation des droits de l'homme

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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Christian, iwspo.net

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